07/06: Flamme olympique à Shashi
02/12: Le blog du 2eme frangin...

21/11: Remontez les pendules!

Cependant, il y a de cela deux semaines, a debarque a Shanghai, dans les valises de Marie, Cedric et Eugenie (les Shashirois!), un drole de petit bout de Chine. Petit(e)... Mais costaud(e)! Xu Aiyi etait son patronyme... Trempe etait son caractere! En effet, quand Cedric et Marie avait demande a leur femme-de-menage-nounou (Aiyi) de venir quatre jours a Shanghai s'occuper d'Eugenie (8 mois) pendant qu'ils chercheraient un appartement, le fait de prendre un avion pour la premiere fois ne la fit pas hesiter et elle prepara son sac.
Quel regal d'observer pendant quelques jours ce petit bout de femme haute d'un metre et des poussieres et agee d'une cinquantaine d'annees, passees integralement dans sa province natale du Hubei: Shashi forever! Shashi... et pas Jingzhou! (explications ici sur ces deux villes voisines). Il faudrait voir a ne pas melanger torchons et serviettes. Shashi etait autrefois une ville moderne et en devenir que les instances centrales du parti auraient pu gater si son gouvernement n'avait pas commis la bevue de s'associer avec la ville de Jingzhou voisine. Les habitants de Jingzhou ne sont bon qu'a dilapider les rmb durement gagnes par la ville de Shashi. Bon, en fait c'est "blanc mouton" et "mouton blanc" ces deux villes, mais Xu Aiyi ne l'entend pas de cette oreille (ni de l'autre d'ailleurs).
Cedric m'avait relate les nombreuses remontrances qu'il avait eu car "laisser son T-shirt de pyjama sous son oreiller n'est pas tres hygienique et il faut mieux le changer tous les jours". C'etait donc chez lui la course a qui planquerait le mieux le T-shirt (dans la chambre pour lui, dans le tas de linge sale pour Xu Aiyi) pour defendre ses convictions... Qui a dit que la politique n'existait pas en Chine?! J'ai eu le droit pendant son sejour a des remontrances sur le fait de ne pas sortir la poubelle a temps et de n'etre pas assez chaudement habille notamment. Mais il fallait la voir "gerer" la famille Lafleche a sa facon pour le croire.
L'absence de decalage horaire entre le Hubei et Shanghai n'empeche pas le decalage culturel de croitre exponentiellement... "Des exemples! Des exemples!" crient les spectateurs du fond en trepignant. Trepignera bien qui trepignera le dernier: Un ascenseur, ca trompe enormement. Mais surtout quelqu'un du Hubei qui n'en a jamais pris... Apres avoir fait comprendre a Xu Aiyi qu'elle n'allait pas se taper les 15 etages a pieds avec Eugenie dans les bras pour aller la promener dans le parc, Marie s'etait essayee a une premiere lecon au soir de leur arrivee. Il fallut un bon bol de the pour se remettre de toutes ces emotions. Une bonne nuit aurait fait du bien, mais visiblement, le stress aidant, la nuit ne fut pas bonne... Le lendemain matin, le peu de sommeil ayant emporte l'experience de la veille (et le peu de motivation), je me deguisais en VRP ayant la ferme intention de convaincre cette Aiyi des bienfaits que pourraient lui apporter mon ascenseur.
Devant l'ascenseur (en chinois bien sur) dont on voit sur le compteur qu'il est au premier et sachant que nous sommes au quinzieme:
Xu Aiyi: Qu'est ce que je fais?
Bibi: Tu veux descendre?
Xu Aiyi: Oui.
Bibi: Alors, il faut appuyer sur la fleche du bas.
Xu Aiyi: Ah.
Elle s'execute et apres deux secondes:
Xu Aiyi: Pourquoi ca s'ouvre pas?
Bibi (comprenant que pour elle, ce n'est qu'une "boite a teletransportation"): Il faut attendre que ce soit marque 15 ici.
Xu Aiyi: Ah.
Apres etre montes, que les portes se soient refermees et que l'on ait compris qu'il fallait appuyer sur le bouton "1":
Xu Aiyi (un peu stresse): et si ca s'arrete?
Bibi (se disant que le pragmatisme du Hubei est decidemment a toute epreuve et que cette question a du la tracasser au moins la moitie de la nuit): Ca n'arrive jamais, mais tu decroches le telephone et on te parlera (Bonne mere, je me prends a toucher du bois parce que je ne doute pas un instant que le telephone soit autant relie a un fil que le PCC chinois a Playboy TV).
Xu Aiyi: Ah.
Apres etre descendus de cet engin de misere:
Bibi: C'est bon? Ca ira?
Xu Aiyi: Non. Comment on ouvre la porte du hall?
Bibi (voila donc ce qui a occupe l'autre moitie de sa nuit!): Tu appuies sur le bouton, ca fait "gzzzz", tu pousses et c'est bon. De l'autre cote, c'est la meme chose avec la carte.
Xu Aiyi: Ah. C'est bon. Allez. Va au boulot. Tu vas etre en retard.
La porte claqua en se refermant sur ses talons mais je suis sur qu'elle a pense en son fort interieur: "je te remercierai plus tard car n'oublions pas d'etre pragmatique avant tout!"
Bilan: Rentrant le soir, nous decouvrons que Xu Aiyi avait passe la journee dans l'appartement. Ce n'est pas faute d'avoir essaye de sortir, l'ascenseur s'etant laisse apprivoiser, mais cette maudite porte ne voulait pas s'ouvrir... Forcement, il fallait pousser celle de droite et je n'avais pas precise. Quel mauvais VRP... Qu'a cela ne tienne, demain sera un jour meilleur!
Nous citerons pele-mele quelques autres exemples de pragmatisme Hubeisien:
- "Le riz a Shanghai est trop mou par rapport au bon riz du Hubei", commentaire unique a la sortie du restaurant ou nous voulions la changer de ses nouilles instantanees quotidiennes. Bilan: le reste du sejour fut constitue de nouilles instantanees.
- Alors que je revenai avec des fruits typiques chinois et des cacahouetes (dont les chinois sont friands) desesperant de la voir resister uniquement a l'aide de nouilles instantanees: "Nous les chinois ne mangeons pas autant de fruit que vous". Bilan: c'est bibi qui a mange les commissions.
- Alors que nous lui proposions de venir avec nous dans un resto francais: "Vous mangez du pain, les chinois mangent du riz. Je reste ici". Bilan: c'est bibi qui a choppe une gastro et qui a pas diggere le repas francais (pragmatique et devin en plus!).
- "Ca coute cher" en reference au bol de jiaozi qui coutait 50 centimes d'euro au lieu des 30 centimes Hubeisiens.
- "Y a du monde" en reference a la populace errant sur le Bund ("Champs Elysees" Shanghaien).
- "Pourquoi le metro s'appelle t-il "Di Tie" (rail dans la terre) si c'est pour faire des lignes de metro aeriennes?" Quelle logique implacable.
Vraiment quatre jours de redecouverte totale d'une autre Chine et de ce qui separe les Chinois entre eux... Et la redecouverte du fait que, compare a Shanghai, on etait pas si mal que ca a Jingzhou... Euh... Shashi!
08/11: Je veux habiter la...
... Il doit y avoir personne a la ronde! Peinard!
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02/11: Le blog du frangin...







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