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Voyage d'Août 2003
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Samedi 09 Août: Kunming
Départ de Shashi avec Cédric (revenu passer
trois semaines en Chine): direction Wuhan puis l'avion
pour Kunming! Etape ravitaillement du zinc à Guyang.
Arrivée à l'aéroport de Kunming
ou l'on retrouve Jean, ami de Cédric en VIE au
Japon. Soirée sympa à l'hôtel avec
Saké japonais et bière chinoise... Puis
découverte pour Jean de la "disco" typique
chinoise à Kundun... Un régal pour les oreilles!
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Dimanche 10 Août: Kunming-Jinghong
Départ direct pour le Xishuangbanna (région)
et Jinghong (sa capitale) depuis l'aéroport
de Kunming. Après de longues heures passées
à transiter de la salle d'attente à la piste
à une autre salle
d'attente dans l'aéroport à attendre
que les tempêtes
s'arrêtent au-dessus de Jinghong (petit break
lunch mémorable offert par l'aéroport),
nous décollons finalement et arrivons sans encombres
(mais à la nuit tombante) sur la piste
de Jinghong perdue au milieu d'une végétation
luxuriante qui n'a pas d'égal avec ce que j'ai
pu voir en Chine (ou ailleurs)... Même dans ce coin
pommé, nous avons droit à notre petit contrôle
anti-SRAS...
Après un plouf-plouf dans le Lonely Planet pour
choisir notre hotel, nous squattons convenablement une
chambre pour la nuit. Un petit tour dans la ville (vite
fait car ce n'est pas très grand) nous permet de
situer le marché
de nuit. Très clairement, l'endroit en Chine
ou j'ai le mieux mangé au niveau barbecue... Des
morceaux de viande (avec un gras: mamma mia!!!), des patates
douces, des sauces épicées ou non... à
se faire exploser!!!! J'ai repris en une semaine les kilos
perdus à Shashi.
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Lundi 11 Août: Jinghong-Galamba
Tellement de choses à découvrir dans cette
région qu'après une rapide discussion, nous
décidons d'enfourcher des vélos et de nous
rendre au Sud de la ville: Galamba. Une négociation
de vélo digne des annexes du routard, un bol
de riz et c'est parti!!
La route (pas trop mal entretenue) suit le Mékong
(Lancang) depuis Jinghong jusqu'à Galamba. Nos
haltes cadencées par les "arrêts"
du vélo de Jean (je dois bien avouer que j'avais
bien été gaté par le choix des vélos)
nous permettent de voir les villages de diverses minorités
(principalement des Daï) de l'autre côté
du fleuve boueux.
Une petite halte sur une aire
de repos (une cabane au bord de la route) nous permet
de déguster des ananas et des bananes de très
très très loin les meilleures que j'ai jamais
mangé. Nous assistons au chargement d'une matière
blanche dans un camion
et après nous être étonnés
de la facon de traiter le lait dans cette région,
nous réalisons enfin que ces autochtones chargeaient
en fait la production de caoutchouc d'une plantation:
Lao wai d'un jour, Lao wai toujours... (Lao wai = étranger
pour les novices du parler-barbare)
Après une trentaine de kilomètres, nous
rejoignons donc Galamba
et mangeons rapidement dans la Guesthouse
de la ville (un restaurant avec trois chambres sur le
côté). Puis nous reprenons les vélos
et descendons vers la berge du Mékong pour emprunter
le bac
du village et partir à la découverte de
ce qui est décrit énigmatiquement sur la
carte comme étant "l'autre coté",
mais qui apparemment, vaut beaucoup plus le coup...Principalement,
nous verrons des plantations d'évéas
(une infinité),
des bergers
et leurs troupeaux, des baraques
plus belles les unes que les autres (au moins par leur
emplacement) et quelques villages.
Je suis quand même un peu décu car les gens
ne sont pas aussi aimables que ce que j'ai pu lire ou
entendre à droite à gauche... Mais bon,
ce n'est que la première journée et la suite
promet!!! Nous rentrons avant 19h pour être certains
d'avoir le
dernier bac et patientons en l'attendant en mangeant
des brochettes (c'est trop bon!) et en buvant de la bière
(ben il faut bien faire la réputation du lao wai),
accompagnés de vieux locaux fumants leurs cigarettes
à l'aide de "Bong".
Nous retournons à Galamba et nous rendons au parc
des minorités qui d'abord semble à l'abandon,
mais en cherchant ensuite, on voit quelques maisons habitées.
Cela fait tellement zoo que nous sortons sur le champs
(enfin aussi vite que nos vélos nous le permettent).
Diner avec quelques locaux bien entamés au Baijiu
(les locaux, pas nous...) et nuit sur nos paillasses (avec
moustiquaires,
ca pique là-bas).
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Mardi 12 Août: Galamba-Jinghong-Village
Daï
Lever de bonne heure. Je me balade dans le village, vais
voir des moines prier dans un temple.
A 9h, nous renfouchons les vélos
pour le retour sur Jinghong, tout ceci se sera fait sans
essuyer de grosses averses, et on aura vaiment eu un gros
coup de chance car le ciel n'aura jamais été
bleu pendant mon séjour au Xishuangbanna.
Débarqués à Jinghong, nous reprenons
une chambre, une douche et partons à la recherche
du restaurant que tient Sara, une amie rencontrée
un an auparavant dans le Hubei. Elle organise des excursions
dans tout le Xishuangbanna et nous conseille donc sur
ce que l'on peut faire dans le temps qu'on a (Cedric et
Jean doivent repartir Jeudi vers Shanghai)... Après
beaucoup d'hésitations, nous choisissons un trek
de 2 jours avec une nuit dans un village Daï. Nous
partons immédiatement en mini-bus
cette fois avec petits sacs à dos vers Galamba...
Nous dépassons le village et descendons la plaine
à l'est du Mékong pour mieux remonter des
collines surboisées (Evéas, bois de construction,
plantations d'ananas...).
Le chauffeur nous laisse dans un
premier village de bois et de briques (locales) que
nous quittons rapidement pour monter
sur les collines
avoisinantes. La pente
est raide et glissante. Le chemin est en fait une coulée
de boue: de l'argile qui vous met 10Kg à chaque
patte... Au moins, on sait comment ils font les briques!
Après avoir traversé des rizières,
puis une colline boisée (fougères...), nous
débarquons en
haut de la pente au milieu de pentes jonchées
de plantations d'ananas:
incroyable! Tout ca ne se voit pas "d'en bas"...
Des villages
sont perchés au loin au sommet des collines: c'est
magnifique.
Après une traversée d'équilibriste
entre
les rizières, une grosse heure de marche (un
arbre
spaghetti), nous atteignons la porte d'un village Hani
dans lequel nous entrons. Les habitations sont sur pilotis
et entièrement en bois (pour ceux qui ont lu "Balzac
et la Petite tailleuse", c'est comme cela que je
m'imagine le décor). Nous ne voyons quasiment que
les enfants
et une grand-mère
("Api" en local) nous invite à nous reposer
sur sa "terrasse".
Ils parlent tous un dialecte et ne comprennent pas le
mandarin: dommage (ou peut-être pas d'ailleurs).
Après avoir mangé quelques fruits, bu un
peu d'eau, nous repartons en marchant
sur les crêtes des collines.
Une heure plus tard, nous arrivons au village
Daï dans lequel nous passerons la nuit.
Les habitants nous accueillent en riant de ces grands
Lao Wai (il faut dire qu'on avait Cédric avec nous)...
Une famille amie de Sara nous accueille et nous fait vraiment
nous sentir chez nous tant ils sont aimables!! Après
une douche sur la terrasse, nous assistons à la
préparation du dîner. Ils ont "l'eau
courante" (tuyau relié à un ruisseau
supérieur sans doute depuis un moins d'un an) et
toutes les maisons ont donc aménagé une
cabine
de douche sur leur terrasse: quatre murs faits de
sacs plastiques diverses et tu te savonnes pendant que
la maîtresse de maison est à deux mètres
en train d'éplucher ses pousses de bambou.
Après un bon repas
(riz, poissons, pousses de bambou). Ils ont quand même
pris ce que la Chine avait de bon: le Baijiu (alcool blanc
insipide pour ceux qui ne connaitraient pas encore) et
la TV. Ca casse un peu le charme, mais bon: tout évolue!
Il paraît même que certaines familles ont
acheté un frigo. Question des autres habitants:
pourquoi faire? Ils n'ont que de la nouriture locale qui
se conserve parfaitement par des moyens naturels... Et
bien: parce que la TV le dit! Voyons...
Certaines croyances locales sur les blancs: Est-il vrai
qu'à la naissance, on a déjà un travail
attribué, donc pas de soucis? Est-il vrai que l'on
n'a pas beoin de travailler?... Bien que certaines personnes
parlent un peu mandarin dans ce village, on ne nous les
a pas posées directement, mais Sara nous en a fait
part.
A 10h30, extinction des feux
après une tentative dangeureuse pour se rendre
dans la brousse voisine (installez vos toilettes sur une
pente à 45 degrés, des rondins disséminés
et humidifiez le tout: voilà c'est prêt,
amusez-vous!). Nuit sur des matelas
dans la pièce commune pendant que nos hôtes
rejoignent leurs chambres.
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Mercredi 13 Août: Village
Daï-Galamba-Jinghong
Après un petit déjeuner des plus locaux
(riz, poisson, bambou... ce sera le menu de la semaine,
je ne le répèterai jamais assez) départ
à 9h pour rejoinre Galamba en longeant le Mékong
d'abord en altitude puis sur les berges.
Nous descendons donc lentement vers le fleuve
qui se rapproche de plus en plus. Peu de temps auparavant,
il était caché par les nuages qui maintenant
remontent
sur les versants de chaque coté du cours d'eau.
Par moment, nous marchons avec des paysans
descendant vers leurs champs de cacahouètes, leur
rizières, leur plantations d'ananas... L'un d'entre
eux avait un fusil
particulièrement impressionant. Nous en croisons
d'autres qui réparent et élaguent les sentiers
qui souffrent beaucoup de l'humidité (glissements
de terrain). Arrivés à hauteur du fleuve,
nous faisons une halte dans un village ou nous nous débarassons
des kilos de terre ramassés pendant la descente
et ou on nous donne de nouveaux des fruits aussi juteux
que délicieux.
Nous commencons ensuite notre retour vers Galamba en
remontant le Mékong voisin. Jean s'essaye au port
de la hotte d'une vieille femme et se rend compte que
même vide, ce n'est pas facile à porter...
Après 3h de marche (sous le soleil!) avec nos grandes
jambes de blancs, comme dit Sara, nous rejoignons un sentier
de terre sur lequel nous empruntons un taxi
moto local jusqu'à Galamba.
Beaucoup de discussions très intéréssantes
avec Sara, notamment sur les mariages locaux (les parents
qui vendent leurs filles aux gens de la ville... Shanghai
notamment) et la relation extrèmement mouvante
de ces minorités avec le monde extérieur...
Retout en mini-bus de Galamba à Jinghong et diner
de nouveau au marché de nuit chez celui qui deviendra
notre "fournisseur officiel": un régal!
Encore un chinois qu'on croirait local et qui en fait
se déplace tous les ans jusque dans le Hubei (à
Wuhan) où il participe à un gigantesque
marché... Il est même déjà
passé à Jingzhou (chez moi). Le monde et
la Chine sont petits.
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Jeudi 14 Août: Jinghong
Après une matinée passée sur les
marchés
(endormis...)
de Jinghong (achat de miel de montagne à l'arrière
goût d'ananas: on sait au moins où les abeilles
locales butinent) à observer des étales
aussi colorés que les robes
des vendeuses
et un repas offert par Sara dans son "Forest Café"
(au menu: soupe, salade de fleurs de lotus et plats variés),
Cédric
et Jean repartent en avion vers Kunming et je me retrouve
seul (mais pas malheureux rassurez-vous) à Jinghong.
Je profite donc de l'après-midi pour visiter la
ville et ses environs proches (pont,
rues
aux palmiers, parc...): pas de quoi couper trois pattes
à un canard. Puis je retourne à l'hôtel
pour changer ma chambre et aller dans un dortoir (plus
propice pour rencontrer des gens avec qui partir en vadrouille).
Je me retrouve donc dans une chambre aux murs blancs délavés
et suintant d'humidité avec des moustiquaires (type
vieux films de colons) et une climatisation (oui quand
même) à bruit de tondeuse... Pas top donc,
mais j'ai un compagnon de chambrée japonais aussi
sympa qu'incapable d'aligner deux mots d'anglais... C'est
donc en chinois que nous passons le reste de l'après-midi
à discuter dans les rues de Jinghong et à
parler des coins sympas où aller... Son programme
est de retourner à Shanghai par la terre depuis
le Yunnan: il a encore un sacré tour à faire!
Après quelques recherches, je décide donc
de faire finalement le tour qui me tente depuis que je
suis arrivé ici: Bulanshan-Damenglong. Plus au
sud de la Chine, tu peux pas... A deux pas de la frontière!
Des guides locaux sympas me disent qu'étant donné
que je parle chinois, je n'aurais pas de problèmes
à me trouver entre les villages de minorités.
Bien que doutant un peu, je l'admet, je décide
donc de partir le lendemain, seul.
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Vendredi 15 Août: Jinghong-Menghai-Bulanshan-Village
Bulan
Je quitte l'hotel à 6h pour prendre l'unique bus
quotidien pour Menghai, ville de transit à 3h complètement
à l'ouest de Jinghong. Un minibus on ne peut plus
chinois nous emmènent par monts et par veaux (sans
fautes d'orthographes, on en a pris un dans le pare-choc,
ils volent bas en cette saison) à droite et à
gauche (les fous rires que j'avais avec la tête
de ma voisine endormie qui se retrouvait projetée
depuis mon épaule sur la vitre à chaque
tournant: mais il en faut plus pour réveiller un
chinois!!!). Après quelques habituelles nausées
(pour parler poliment) de mes voisins de devant, nous
arrivons enfin à Menghai, une rue principale où
le Lao Wai est rare (surtout en cette saison post SRAS):
je ne croiserais en tout et pour tout que deux anglais
pendant tout mon séjour au Xishuangbanna. L'unique
bus pour Bulanshan part environ 3h après, je délaisse
donc les guichets
(où tout est écrit en chinois et Thai-Laossien)
et vadrouille donc avec mon sac sur le marché
local et goûte à quelques plats
et fruits locaux.... Beaucoup de vendeuses
à jolis chapeaux,
mais à Menghai, c'est mieux le dimanche!!! Faudra
revenir...
Après un déjeuner en bonne
compagnie sous des regards
inquisiteurs, je retourne à la station
de bus vraiment emplies de personnages de tous genres,
du moine
boudhiste aux paysans
locaux... Après une bonne attente, le bus pour
Bulanshan arrive enfin et nous "décollons".
C'est un bus tourisme traditionnel qui empruntera toutes
sortes de chemins pour nous mener jusqu'au coeur d'une
jungle à plusieurs niveaux: impressionant! En cours
de route, le chauffeur délivre les bouteilles d'huile,
les sacs de ciment confiés par des Menghai-iens
pour leur familles restées vivre sous les arbres
du Yunnan. Il laisse monter à sa guise des paysans
vétus en tout et pour tout de pantalons de toile
fixés par une ficelle "artisanale" (si
cela peut se dire d'une ficelle). Ils sont sûrement
très jeunes, mais ont un faciès tellement
marqué que cela les feraient presque membre d'une
autre branche de l'humanité (ne voir aucun racisme
là dedans). La différence était tellement
marquée entre eux et moi que je ne pensais même
pas (et peut-être n'osais pas) prendre une photo
(même caché) et qu'ils n'étaient pas
autrement surpris de me voir (contrairement aux autres
personnes plus "évoluées"). C'était
un rapport assez incroyable...
Après 4h extrèmement cahotiques et particulièrement
éprouvantes, à une heure de la nuit tombante,
le bus arrive à Bulanshan (une rue
de 100m de long avec des maisons de part et d'autre).
Je demande au chauffeur où se situe le prochain
village et il m'annonce 2h de marche après quelques
discussions avec des villageois. La plupart me disent
d'attendre le lendemain pour partir, mais je dois avancer
afin de revenir à Jinghong avant le lendemain soir
et l'excursion prend en théorie deux jours et demi...
Je pars donc sur le sentier
assez large au début sous les nuages menacants.
Cela fait quand même un peu bizarre de s'enfoncer
tout seul dans une forêt aussi dense.
Après avoir observé un arc en ciel (assez
rarement vu pour moi en Chine) et passé un premier
village, je rencontre une famille sur le bord du chemin.
Le père coupe des lotus, la femme les ramassent
avec ses deux petites filles et la petite dernière
attachée dans le dos. Je lie conversation avec
le père qui parle un mandarin d'un niveau équivalent
au mien. Lui ayant demandé où il habitait,
et ayant cru comprendre le nom du village que je souhaitais
atteindre dans la soirée, je commence donc à
marcher avec eux très excité à l'idée
de ce que je vais bien pouvoir découvrir... Leur
village était en vue et après 30 minutes,
nous rejoignions les 80 autres familles Bulan qui constituaient
cette tribu minoritaire. Ils m'invitaient aussitôt
à passer la nuit chez eux et je ne savais pas trop
quoi faire car on m'avait dit qu'il y avait une espèce
de maison pour les étrangers de passage, mais je
ne parvenais pas à la trouver. Ils insistaient
tellement que je finissais par accepter et me rendais
donc à leur maison
(sur pilotis). Après m'être débarassé
de mes chaussures, je pénétrais dans la
salle
commune complètement dénuée de
tout. Un foyer centrale, une table fixée au mur,
deux coussins (qu'ils s'empressaient de me coller sous
les fesses, et gare à moi si je dépassais
un peu sur le plancher), et des trous béants dans
les murs et le plancher pour pouvoir entendre la volaille
et le cochon qui pataugaient dans la boue sous la maison...
Cette soirée restera gravée à jamais
dans ma mémoire: depuis la préparation
du repas jusqu'à nos discours sur tout et rien,
toujours dans un mandarin approximatif... Pendant qu'ils
préparaient le repas, les enfants
jouaient avec des panouilles de maïs. Et nous discutions
de mon pays, je leur expliquais ce qu'était la
Chine (le père était déjà
allé à Menghai, jamais à Jinghong,
allez donc lui parler de Pékin), essayais de leur
montrer les pays sur les cartes du Lonely Planet (pas
complètes d'ailleurs!!!), montrais aux enfants
(qui apprenaient à ne plus me craindre petit à
petit) des photos d'autres minorités qui les faisaient
rire aux éclats... Je leur expliquais combien il
fallait de jours de bus pour rentrer en France, répondais
à leurs questions, la plus sidérante restant:
est-il vrai que lorsqu'il fait jour ici, il fait noir
à New-York (parce que Paris, pas la peine d'en
parler, inconnu!!!)? Allez expliquer ca en Chinois!!!!
Après un repas
agrémenté de cacahouètes cuites à
l'eau, le feuilletage de mes deux livres une fois de plus
(Lonely Planet et le chinois en 40 lecons), ils allèrent
se coucher dans leur chambre (trois matelas sur le sol)
et un hamac pour la plus grande des filles et m'offraient
une paillasse ainsi qu'une couverture (des plus douteuse
il est vrai) dans la salle commune. Début d'une
nuit de cauchemard... La plus petite était dèjà
malade durant le diner et toussait en crachant ses bronches
et les deux autres furent malades toutes la nuit... Dix
minutes de repos puis trente minutes de pleurs continus...
Tant et si bien que la maman se leva pendant la nuit,
prit une torche et sortit... pour revenir quelques minutes
plus tard avec une vieille "sorcière"
(véridique) qui fit boire aux trois enfants des
bols de "je-ne-saurai-jamais-ce-que-c-etait"
et chantait "je-ne-sais-quoi": une autre époque,
un autre monde!!!
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Samedi 16 Août: Village
Bulan-Damenglong-Jinghong
Reveil de petit matin après cette nuit très
courte par les réveils toutes les 10 minutes. Je
sors prendre quelques photos
de la vue de cette maison et m'apercois, au début
sans m'en soucier, que les nuages volent bien bas en ce
matin d'août... Attendez la suite! Après
un petit-déjeuner
"bambou-cacahouètes-riz", et des au revoir
avec promesse d'essayer de repasser l'année d'après,
je quitte mes nouveaux amis d'un jour qui auront bien
essayé de me prévenir qu'il allait pleuvoir...
Comme je l'ai dit, j'étais très excité
le soir d'avant et ne m'étais donc pas rendu compte
que je n'avais pas encore rejoint le village que j'espérais
atteindre mais que je m'étais arrêté
bien avant... Ce n'est qu'après une heure de route
et m'être enfoncé beaucoup plus dans la forêt
que je découvrais le village de Weidong,
de loin le plus grand de cette balade. Déjà
arrivé ici, j'avais de la chance de ne pas m'être
trompé de chemin tant il y avait eu de carrefours
entre les sentiers boueux et je me fiais toute la matinée
aux deux gamins et trois vieillards édentés
que je croisais et qui avec de grands sourires lorsque
je leur demandais si Damenglong était bien tout
droit m'indiquait le fond inatteignable de la vallée.
Dans le village
de Weidong je passais dans une maison où trois
garcons faisaient du thé avec les feuilles séchées
des champs
voisins et même sans parler, ca se marrait à
tout va: pensez, un lao wai!
Je continuais donc ma balade au milieu des champs,
dépassant parfois un temple
planté par on ne sait qui... Mais je ne croisais
personne après Weidong pendant trois longues heures
et ne voyais que quelques rares paysans
qui me surplombaient
depuis leurs champs. Et je m'enfoncais toujours plus dans
la vallée, toujours plus boisée et le ruisseau
qui la séparait au début devenait rapidement
une large rivière infranchissable à pied.
Je commencais donc à monter sur un des versants
et perdait plusieurs fois le chemin jusquà me retrouver
au bout du versant, à pic vers la rivière
et toujours la vallée et les arbres
devant moi.
Je regardais longuement partout en me demandant où
j'avais bien pu rater un embranchement et cela m'aurait
fait revenir sacrément loin... Et puis, glissant
le long du pic sur les talons, je trouvais un pont de
branchage (cala)miteux sur lequel je m'avancais tel le
capitaine Hadock (dans Tintin au tibet)... à quatre
pattes! Ca peut faire rire, mais avec le courant qu'il
y avait en dessous, je peux vous dire que je pestais contre
les habitants de Jinghong qui me disaient qu'il n'y a
avait rien à craindre... Les rumeurs de villageois
attaquant les marcheurs, ok, je veux bien croire que cela
soit des fabulations, mais très clairement, jamais
je ne conseillerais à quelqu'un de se rendre seul
sur ces chemins.
Je marchais encore jusqu'à midi avec des fougères...
jusqu'à par dessus la tête, un à
pic de 20 mètres (au moins) à ma droite,
le "sentier"
continuellement barrée pour les troupeaux... J'apercevais
quand même de temps à autres des gens de
l'autre coté, ce qui me rassurait je dois l'admettre
car pendant ces trois grosses heures, je ne voyais pas
un village. Après avoir rejoint un sentier, j'entendais
des bruits de haches et voyais avancer vers moi une femme
et son fils. Je pensais qu'ils me croiseraient avec de
grands sourires "comme d'habitude", mais par
gestes (et avec de grands sourires quand même),
ils rebroussèrent chemin et m'invitèrent
à les suivre jusqu'à leur village que je
découvrais après un tournant: Songeer. C'était
une tribu Lahu dont la plupart des villageois étaient
parti pour la journée. Les quelques hommes qui
abattaient des arbres aux abords du village nous suivirent.
Nous dévalions la pente pour descendre au village
en contrebas. Je passais une grosse demi-heure dans une
des maisons sur piloti au centre du village sirotant de
l'eau chaude dans une tasse bien sale et échangeant
quelques mots avec mes hôtes.
Au
moment où je voulais les quitter, il se mit
à pleuvoir et ils me disaient de ne pas partir,
de rester là et de les quitter au petit matin.
Mais je devais rejoindre Damenglong avant la nuit. Je
gravissais vraiment avec peine la pente pour rejoindre
le petit chemin qui me conduirait à destination.
Les 10 minutes de pluie l'avait déjà rendu
glissante à souhait. Je saluais de loin les Lahu
qui me regardaient partir. A partir de ce village, la
pluie ne s'arrêtait plus et montait crescendo...
C'est pourquoi je n'ai plus de photos après cette
heure-là, impossible de sortir l'appareil, des
trombes d'eau, le sol et les ponts
glissants à souhait... Ah je sais profiter de mes
vacances...
Marche de 12h à 17h non stop (sans compter les
4h du matin). Je m'arrêtais toutes les 1/2 heures
pour boire un peu, manger des bananes offertes par les
différents Dai, Hani, Lahu ou Bulan croisés.
Je m'arrêtais à Nuna (Bulang) sous le toit
d'une petite vieille qui me fixait des yeux pendant mes
dix minutes de poses sans m'adresser un mot. Je m'arrêtais
une fois encore, exténué (mais vraiment)
dans une maison isolé (une pièce à
même le sol) au bord d'une rivière. Là
vivait un jeune couple qui ne devait vraiment jamais avoir
de visiteur et n'avait qu'un lit pour tout meuble dans
la pièce... Après un peu de repos, je repartais,
toujours plus trempé: c'est là que l'expression
"trempé jusqu'aux os" prend tout son
sens: chaussettes, chaussures (en gortex!), short, calecon,
T-shirt, cape... Seul le sac resistait... Mais le sac
de cacahouètes cuites à l'eau offert par
mes hotes de la nuit avait fait son oeuvre et lors de
mon dernier arrêt à Manpo (Bulang), je réalisais
que mes habits de rechange, mes livres... tout était
aromatisé à la cacahouète Yunnanaise.
Je passais un bon bout de temps à Manpo à
me changer chez une famille accueillante juste pour le
plaisir d'avoir chaud deux minutes. Les villageois me
conduisirent chez l'un d'entre eux qui avait une moto
et qui habituellement n'était pas contre emmener
un Lao Wai sur les derniers kilomètres, mais le
temps et le sentier boueux lui interdisaient toute sortie,
et prenant mon courage à deux mains et enfilant
mes deux grolles-éponges, je terminais la dernière
heure jusqu'à Guangmin (village aini) que j'atteignais
à 17h et d'où je rejoignais Manguanghan
en monstro-plante, puis après d'âpres négociations,
me rendait dans une ferme communale d'où un paysan
m'emmena en moto jusqu'à Damenglong (toujours sous
la pluie), à une vitesse aussi séchante
que dangereuse.
Enfin, je m'asseyais dans le mini-bus bien sale, mais
soupirait d'un air béat dans ce confort providentiel
au milieu des Dai qui hallucinaient de voir un long nez
enfiler le dernier T-shirt sec qu'il pouvait trouver enfoui
au fond de son sac!!!
Je rentrais donc le soir même à Jinghong
(puisque je n'avais pas raté le dernier bus), établissant
au passage sans doute un des records de la traversée
Bulanshan-Damenglong... Après deux kilomètres,
montaient dans le bus Zhang Bei et Deng Xiaobing, deux
chinoises de Nanning qui passaient deux semaines de vacances
dans le Yunnan seules, sans drapeaux ni casquettes: très
très rares pour des chinois, encore plus pour des
chinoises!
A Jinghong, après une douche chaude, je sortais
manger de délicieuses grillades locales avec ces
deux amies et retournais me coucher épuisé...
Mes deux conclusions pour cette excursion étaient
les suivantes:
1. Indiana Jones me paraît nettement moins con
lorsqu'il glisse dans ses films le long d'une pente au
milieu des plantes diverses et variées pour atterrir
dans une rivière de boue... C'est super pas difficile
de tomber en fait!
2. La forêt équatoriale humide porte bien
son nom... J'avais droit à du papier journal dans
les chaussures pour les 3 prochains jours...
En gros, c'était géant!
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Dimanche 17 Août: Jinghong-Lijiang
Départ pour Lijiang en avion. Survol des collines
du Xishuangbanna et de ses plantations
d'évéas.
Dans le bus de l'aéroport à Lijiang, je
rencontre Jack, un anglais qui bosse en Thailande à
Chang Mei et qui se retrouve bien pommé au milieu
de tous ces chinois. Après être entré
dans la ville par une porte
typée bien "chinoise" (patrimoine mondial...),
nous déambulons dans les rues à la recherche
d'un hôtel que nous trouvons assez rapidement et
où nous prenons une chambre avec un autre anglais
et une belge... Et oui, Lijiang, ce n'est plus le Xishuangbanna:
le lao wai, même s'il ne foisonne pas, fait partit
du paysage au milieu des CENTAINES de touristes chinois
qui se prennent en photo sous tous les angles et tous
les ponts
de cette très
belle ville. Lijiang avait été en partie
détruite il y a quelques années à
la suite d'un tremblement de terre, mais ses habitants
ont remarquablement remontées les ruines et tout
ceci laisse maintenant place à des rues,
ponts, maisons...
magnifiques: c'est un peu une Venise tibétaine...
Ben oui, on n'est pas loin mine de rien...
Cette première journée à Lijiang
me mènera à droite à gauche en haut
en bas parmi les labyrinthes
et le dédale des rues... Je passe aussi pas mal
de temps dans la cour de l'hôtel (ancienne maison
composée de quatre
édifices laissant une cour au centre) à
discuter avec Jack, le deuxième anglais, de tous
ses voyages faits de part le monde. Il a déjà
passé deux mois dans le Yunnan, ne parle pas un
mot de chinois, mais a fait tous les villages possibles
et imaginables et leurs marchés dont il sait tout
et parle de plus de lieux que tous les guides de routards.
Juste pour la note et les internautes soucieux de savoir
ou aller manger, il y a à Lijiang de tout, mais
pour ceux qui comme moi ont soif d'un peu de cuisine occidentale:
une seule adresse, le resto italien qui borde le canal
principal au sud de la ville: des pizzas et du jambon-melon...
Madre mia!
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Lundi 18 Août: Lijiang
Je reste à Lijiang et parmi les dédales
de rues, je tombe sur le marché haut en couleur
et rempli de Naxis (la minorité la plus présente
dans le nord du Yunnan). Des bouchers
aux maraichers
en passant par les vendeurs
de ballon, les clientes toutes plus locales les unes
que les autres...
Les femmes Naxi portent toutes les mêmes vêtements
composés d'une robe-blouse bleue et noire et caractéristique
par la cape en T en peau de mouton (appelée peau
de mouton aux yeux de grenouille) qu'elles portent sur
le dos pour supporter leur panier
constamment sur le dos mais représentant aussi
le ciel. Vous vous coucherez moins bêtes ce soir!
Pour finir avec les explications, les Naxi sont une société
matriarcale et effectivement, les femmes
s'occupent de tout et chez les hommes,
ca file doux...
Des français rencontrés dans un bar Sino-breton
de Lijiang (oui, je l'ai dit, c'est un peu Disneyland
cette ville) revenaient du lac Lugu plus au nord: un petit
treking sympa au milieu d'une des dernières véritable
société matriarcale... La prochaine fois
peut-être!
Je me rends ensuite dans le parc
du Dragon noir de Jade au nord de la ville, traversant
au passage la ville
nouvelle (dans le plus grand standard chinois) et
y découvre un lac, des arbres,
un "musée" où l'on m'explique
le pourquoi du comment des caractères naxis (un
des derniers dialectes à utiliser des hiérolglyphes):
c'est très joli et très basique, mais j'ai
passé une bonne heure avec un vieillard sympa qui,
surpris de mon mandarin (même bredouillant) a voulu
m'initier au maniment du pinceau... Conclusion: j'écrirai
pas en Naxi, un point c'est tout et ca vaut mieux comme
ca, même si on s'est bien amusé tous les
deux!
Puis, je reviens vers l'extrémité sud de
la ville et monte vers la tour Wanggu
qui surplombe la ville depuis la colline
du lion (un vrai piège à touristes),
mais on a une vue imprenable sur les
toits de la ville, il y fait agréablement frais
(le vent), et le parc
autour est sympa. J'apercois le Mushi
Shisifu (à mes souhaits, je sais...), résidence
d'un ancien chef Naxi, mais il est mort alors je ne développerai
pas plus... Je continue à déambuler dans
les rues
à la recherche de portraits
et de sourires
dont les gens ne sont pas avares!
Le soir, je retrouve Jack (l'anglais thailandais) dans
les rues
et nous déambulons parmi les nombreux bars de la
rue principale Dong Dajie.
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Mardi 19Août: Lijiang et
alentours
Le lendemain matin, nous prenons deux vélos (avec
Jack) et quittons Lijiang par une route
superbement bitumée (on s'étonne de tout
en Chine) à la rencontre du Docteur Ho, rendu célèbre
par un écrivain que nous ne citerons pas puisque
je ne sais absolument plus qui il est...
Après 6 km à vélo, nous rejoignons
par de petits
chemins son village et après avoir déambulé
quelque peu dans les rues
(désertes
de touristes) et sur les chemins environnants, nous
arrivons devant sa
maison ou un petit homme en blouse blanche nous accueille
en criant: "Hello,
I am the famous doctor Ho!"
Mais pourquoi est-il donc célèbre cet homme-là?
Et bien pour le travail qu'il effectue sur les plantes
et toutes les sortes de thé qu'il en retire pour
guérir de tout. Sa maison est en fait placardée
d'articles le concernant, de cartes
de visite, de cartes postales, de lettres de gens
le remerciant de son aide (il semblerait que ca marche).
Mais bon, nous avons eu le droit à un speech (de
la part du fils
qui a étudié beaucoup, parle 3 langues...)
concernant uniquement la célébrité
de son père et pas du tout les plantes: dommage!
Mais bon, comme l'a dit un des Monty Python de passage:
"Personnage intéressant, tisane répugnante!".
Enfin, c'était un anglais, et tout comme Jack,
les anglais, ca rigole pas avec le thé... Enfin,
moi j'ai pas trouvé ca transcendant et je me porte
toujours aussi bien après l'avoir bu, donc au moins,
ca ne fait pas de mal...
Jack
passe une demi heure à réparer l'ordinateur
du Doc. Ho qui ne fonctionnait plus et cela le dérangeait
énormément de ne plus pouvoir recevoir les
mails de ses nombreux admirateurs... Des mails dans ce
bled pommé, c'était assez sidérant...
Enfin, une rencontre bien sympathique, même si pas
très instructive!
Nous finissons la journée en vadrouillant
dans les villages
alentours puis retournons à Lijiang par les sentiers
des champs.
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Mercredi 20 Août: Lijiang-Dali
Départ
de bon matin pour Dali à quelques 4h de mini-bus.
Sur la route, les habituels croisements de personnes sorties
tout droit de... de chez elles... Le fonctionnaire
à l'activité débordante, les monstro-plantes
regorgeants d'occupants (et encore, celui-ci n'est pas
de loin le plus rempli que j'ai pu voir), les chineurs
du mercredi (ben oui, on était mercredi...).
Nous montons des cols, les redescendons et je peux enfin
apercevoir à l'horizon le Lac
Erhai ("en forme d'oreille" en chinois dans
le texte) quenous rejoignons depuis le nord et longeons
aux deux-tiers avant que le chauffeur ne me fasse signe
de descendre...
- J'ai pas été sage?
- Non mon garçon, mais tu es un Lao Wai, ca m'étonnerait
que tu te sois tapé cette trotte pour aller jusqu'à
la nouvelle-ville.
- Ben oui effectivement, dis-je en descendant... Mais
déjà les portes se refermaient et j'ingurgitais
la poussière levé par le bus
Que faire? Pas le temps de se poser de question, j'avais
déjà une carriole à âne, une
à cheval, deux motos, un taxi qui me marchaient
sur les pieds... Dao Dali?! Le laowai n'étant pas
encore bien mûr en cette saison (ils tombent pas
des bus quoi), le marchandage en est bien facilité
et c'est en âne que j'arrivais dans les murs de
Dali. Après avoir posé le barda dans une
guesthouse
où je comprenais déjà pourquoi Dali
était connue pour ces plantes aux vertues "euphorisantes"
(dirons-nous) et pour être un lieu rassemblant beaucoup
d'amateurs des plantes sus-nommées, je louais un
vélo et l'enfourchant me rendait sous un agréable
soleil vers le temple
situé à la sortie de la ville.
Je passais une petite heure dans l'enceinte du temple
à regarder les pagodes,
bouddhas
et le lac...
Puis repartais de plus belle vers la ville que je visitais
à pied et rapidement puisqu'elle était assez
petite... Sortant de la rue
principale (séparant la ville d'Est en Ouest)
et ses grandes
portes, je rentrais dans une grande cour dans laquelle
se trouvait une bibliothèque et une multitude d'enfants
et de vieillards (des groupes
séparant catégoriquement les femmes des
hommes) jouant aux Majong,
aux cartes
ou encore au Xiangxi
(échecs chinois).
Puis je reprenais mon vélo et descendais vers
le lac aussi vite que me le permettait ma monture.
Je prenais quelques photos
du lac, discutais avec 2-3 pécheurs qui voulaient
m'emmener de l'autre
côté ou pécher, c'était
selon... Je leur faisais comprendre gentiment que le bateau,
c'était pas ce que je préférais quand
arriva un cortège de chariotes remplies de chinois
qui mit fin à mon tourment, les pécheurs
étant tout heureux de se jeter sur cette mane d'apprentis-touristes...
Je repartais de plus bel sur mon fidèle destrier
sur une route
ultra plate avec le vent dans le dos. Tel Anquetil
sur les champs-élysés, je dépassais
la voiture sponsor (une chariote dans mon cas), et quelques
200 mètres plus loin m'étalait de tout mon
long, une pédale en moins... Une glissade de 20m
plus tard, et ma plus belle croûte à vélo
jamais réalisée, je me relevais hagard et
réparais ce qui était réparable (mon
genou). Pour le vélo, je terminais la balade avec
une pédale sur les pavés de Dali...
J'assistais des terasses de café au coucher
de soleil derrière les montagnes entourant
le lac et rencontrais alors un ch'ti gars de Singapour
bien sympa qui avait déjà sympatisé
avec deux australiens et nous partions passer la soirée
avec cette bande au Joke Café (simple mais super
sympa), tenu par la belle-soeur chinoise de l'australien...
Vous me direz, on s'en fiche, mais c'est pas grave, c'était
très sympa!
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Jeudi 21 Août: Dali-Kunming
Je retournais au Joke Café et prenais un petit-déjeuner
des plus copieux en compagnie d'un couple québécois
(Jean et Marlène) des plus sympas qui entreprenaient
un grand tour du Népal, au Vietnam, en passant
par le Laos, la Chine... Nous nous échangions quelques
tuyaux et je les quittais partant vers Lijiang et le Tibet
lointain tandis que j'allais à l'aéroport
rejoindre Kunming (ben oui, l'avion, ca fait quand même
gagner une journée et le temps, c'est toujours
ce qui manque!). Vraiment le genre de personne auxquelles
j'aimerais ressembler dans quelques années! En
tous cas, bien semblables aux Québécois
que j'avais pu voir il y a quelques années au Canada!!!
J'arrivais à Kunming vraiment rapidement, passais
l'après-midi dans les quelques vieilles
rues que l'on peut trouver, les marchés...
Et retrouvais Zhang Bei et Deng Xiaobing (rencontrés
dans le Xishuangbanna si vous suivez encore) et passais
la soirée en leur compagnie oscillant de Kundun
à des bars plus tranquilles.
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Vendredi 22 Août
Départ pour une semaine en Thailande, mais ceci
est une autre histoire...
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