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Samedi 04 Décembre
Partis de la gare
ouest de Beijing le soir davant, nous arrivions à
8h30 à Luoyang (après une traversée
du Hebei, du nord du Henan et le Huang He) où, après
avoir acheté les billets de train
du retour et posé nos affaires à lhôtel,
nous sautions dans le bus n°81 à destination
des grottes de Luoyang.
Après une traversée rapide des principaux
grands axes (la gare et lhôtel étant
situés au nord de la ville et les grottes étant
à 16km au sud), nous eûmes le temps de constater
que la ville, bien que peuplée de 6 millions dhabitants
(cest déjà une bonne ville !), demeurait
cependant à taille humaine et quil y faisait
bon baguenauder sous le soleil qui pointait déjà
de faibles rayons dans un ciel aussi clair que dénué
de toute pollution (merci le vent !).
Quarante minutes nous permirent de rejoindre la rue des
bouibouis où se vendaient toutes sortes de colifichets
et où nous alpaguèrent de tous côtés
des vendeurs chinois sevrés de leur consommation
habituelle de touristes par les longs mois hivernaux ayant
déjà commencé. Cette croisade achevée,
nous nous dirigeâmes vers lentrée, de
nos livrets étudiants équipés, afin
dun moindre prix payer. Cest dun «
Bu yao
» languissant, que nous nous vîmes
présenter une fin de non recevoir. Bien quun
peu énervés, le plein tarif une fois payé,
nous pûmes entrer.
Sous nos yeux ébaubis défilèrent alors
des grottes creusées dans les falaises bordant un
fleuve
déjà prêt à sépandre
de tous cotés tant son niveau était élevé.
Ce fût la dynastie Wei qui, ayant fini de percer les
montagnes aux alentours de Datong (dans le Shanxi, où
je métais rendu le mois précédent),
se chargea de « gruyèrer
» (et d'installer des bouddhas,
parfois un peu hyppies)
également ces falaises puisque les peuplades qui
demeuraient alors dans le Henan étaient troglodytes
et par conséquent ne voyaient pas dobjection
à ce que lon fisse des trous
dans leurs montagnes : braves autochtones !
Ayant ainsi aperçu de grands bouddhas,
de petits bodhisattvas,
des protecteurs,
des gardiens-rois,
des touristes chinois (peu heureusement), des grottes
couvertes, des grottes découvertes
(pour cause deffondrement du plafond), nous (Pierre
+ Irene)
traversâmes le fleuve
pour y visiter un temple
quelque peu rénové
mais qui avait un certain cachet
et surtout un magnifique vis-à-vis
avec les grottes
Ceci étant fait (« ça, cest fait
», nous dîmes-nous promptement), nous sautâmes
ardemment sur le bus n°81 afin de rejoindre
le centre-ville où de piètres plats (car
rapidement commandés) nous permirent de nous re-motiver
et ainsi de sauter derechef à larrière
du bus n°52 qui nous mena (pas en grande pompe) sur
le site du Bai
Ma Si (autrement appelé « temple du cheval
blanc », mais ça en jette quand même
beaucoup moins dit comme ça
).
Ce temple
est en fait le premier temple bouddhiste de Chine (cest
ce qui se dit en tous cas, mais allez savoir par les temps
qui courent
), car Xuanzang (un chinois) y aurait rapporté
sur demande de lEmpereur de Jade (Dieu), avec laide
de ses potes (un homme-singe, un homme-cochon et un cheval
blanc qui était un dragon en fait avant), des écritures
de lInde
Il a quand même des relations
bizarres ce Xuanzang ?! Bon, en fait, cest parce quil
a vraiment existé (daprès ma prof de
chinois, qui est vénérable, en tous cas),
mais quaprès on a écrit un livre sur
lui et que ça a du quelque peu desservir ses amis
cette histoire
Enfin, ceci ma expliqué
le pourquoi-du-comment il y a toujours plein de feuilletons
à la TV chinoise qui parlent dun type qui promène
à travers le monde son cochon et son singe
Donc, si vous avez suivi lhistoire, vous aurez compris
quil a ramené les écritures (qui étaient
pesantes à lépoque car les bouddhistes
avaient plein de choses intéressantes à dire
et que ça nexistait pas le CD) sur le dos de
son fier destrier blanc.
Tout ça pour ça
Enfin tout est bien
qui finit bien puisque grâce à ses aventures,
la Chine est devenue bouddhiste
et que nous avons pu assister en ce jour à une prière
des moines
qui nétait pas la première pour moi
mais pour mon compagnon de voyage.
Rentrés dans le centre ville à dos de taxi,
nous cherchions en vain les ruines des murailles autour
de la vieille ville de Luoyang, ancienne capitale (enfin,
citez-moi une vielle ville chinoise qui nait pas été
capitale
), et errions dans les sympathiques ruelles
à la recherche du marché de nuit qui nétait
en fait constitué que de bicoques éparses
(robe
de mariée en vente sur un arbre) qui cependant
distribuait une nourriture aussi variée que ses goûts
étaient diverses
Enfin, la fatigue de la nuit en train, du vent omniprésent,
et de nos muscles (proéminents) endoloris eurent
raison de nos pauvres pieds et sest avec grand effroi
que nous regagnions lhôtel où nous attendait
une chambre glaciale si caractéristique des hôtels
chinois paumés
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Dimanche 05 Décembre
Levés aux aurores (à 7h, mais un dimanche
et en plus en hiver, ce sont les aurores), nous usâmes
dun minibus
pour rejoindre le « Shaolin Si » (ou temple
de Shaolin, décidément, en chinois, ça
le fait quand même vachement plus). Le temple Shaolin
est bien connu pour ses moines guerriers formés depuis
des siècles à la boxe Shaolin (une des nombreuses
boxes regroupées sous le nom de KugnFu). Maintenant,
cest beaucoup moins typique mais toujours au combien
folklorique au plus grand bonheur de la marée humaine
des flots de touristes qui envahissent les pentes et les
vallées attenantes des célèbres montagnes
entourant le temple Shaolin et les autres écoles
darts martiaux lentourant.
Mais nous nen sommes pas encore là, puisque
à notre grande surprise, après avoir déboursé
les 30 Yuans (soient 3€) pour laller-retour Luoyang-Shaolin,
notre aide-chauffeur, se retourna et commença à
débiter des flots de paroles aussi chinoises quinsipides
Ceci ne devait plus sarrêter jusquà
la fin de la journée. Il fallait bien se rendre à
lévidence : nous étions au beau milieu
dun magnifique cheptel de touristes chinois !!!!!!!!!
Nous nous étions laissés berner par labsence
de casquettes voyantes, dun drapeau oh combien nécessaire
à lorientation des neuf personnes que nous
étions et surtout à la surprenante absence
dun mégaphone (autrement appelé «
corde vocale à guide chinois »). Nous réalisions
bien vite que notre guide navait nul besoin de cet
appareil pour expliquer, à force de cris et de gesticulations,
aux neufs personnes que nous étions (2 LaoWai + 7
chinois) quil ne fallait pas acheter ceci car cétait
faux ou cela car cétait trop cher. Après
30 minutes de route et nous avoir expliqué longuement
que toute la nourriture au temple Shaolin coûtait
une fortune, cest tout naturellement que nous nous
arrêtions devant le magasin de la belle-sur
du chauffeur (lauteur ne fait bien sûr quune
supposition, mais il faut tout de même savoir que
nous nous y arrêtions également au retour).
Il fallait voir les 7 chinois faire provision de victuailles
tout en remerciant notre guide de dispenser sa bonne parole.
Enfin, équipés de notre badge-rouge (quand
même il fallait un peu desprit groupe), nous
fîmes une première
halte dans la maison de Xuanzhang
(voir les explications
de samedi). Notez que jétais alors persuadé
que cette histoire nétait quune légende
et que je pestais alors et jurais comme un charretier certain
de me faire embobiner par un groupe local ayant construit
une maison
deux ans auparavant dans le but dattirer les touristes
dans leur trou paumé. Enfin, cette halte nous permit
de passer dans la campagne du Henan (coton)
et dobserver des troglodytes.
Puis nous nous arrêtâmes dans un temple
avec une pagode
(sans plus) et passâmes sous lobservatoire de
Guanxing Tai où des chinois super balèzes
avaient, il y a très longtemps, pour un type qui
leur avait demandé, établi un calendrier exact
à 25 secondes près (vous navez rien
compris ? Moi non plus, mais cest lexplication
du Lonely Planet
).
Enfin, nous arrivions dans les vallées entourant
le Shaolin Si et notre guide qui était déjà
dépassé (et pourtant il était sage
ironie
) appela à la rescousse une guide officielle
(ben oui, elle avait un vrai badge elle
) qui officia
durant la visite dun premier temple plein de statues
de toutes sortes,
de jolis dessins
sur les murs, de bougies
uniques et d'arbres
centenaires. La vue de ce temple
était magnifique avec des montagnes et une pagode
surplombant les édifices.
Enfin nous arrivions à lentrée de la
« zone » du temple de Shaolin où notre
guide insistait pour nous faire monter dans un bus de 4
places à 9 histoire de donner 5 Yuan au chauffeur
(son mari sans doutes). Et cest donc avec 3 personnes
sur les genoux (dont une italienne, un coréen et
la guide) que jeffectuais les 200m qui nous séparaient
de lentrée de lécole officielle
de Shaolin. Lente agonie
Néanmoins, à
la vue de tous ces enfants de 5 à 20 ans (dont des
stages d'une "espèce"
d'armée) qui se mettaient grave dessus à laide
de sabres, de fouets, de lances, de bâtons, de couteaux,
et de plein dautres choses super dangereuses quen
France cest interdit de jouer avec ça et de
faire la même chose à la maison après
lavoir vu à la TV, je décidais de retenir
mes larmes.
Nous assistions ainsi à un petit show
donné par les élèves à laide
darmes mais aussi de mains nues. Pour le coup cétait
vraiment impressionnant, même si cela ressemblait
vraiment à du cirque. Nous eûmes le droit au
fracassage dune barre dacier sur une tête,
au pliage dune lance pointue ave le cou (tu sais là
où on se coupe quand on se rase le matin ?!) et au
perçage dune vitre à mains nues avec
une aiguille.
Enfin nous nous rendions au temple,
complètement reconstruit
(et encore en travaux) et sans aucun
intérêt (spécial) si ce nest
celui de voir des ouvriers reconstruire avec les moyens
dantan (confection et stabilité de la toiture
avec de la boue extraite dune carrière voisine
et transportée dans des sacs de peaux) et la vue
qui en ressortait. Mais limpression globale était
un disneyland reconstruit
Puis nous allions dans un
temple en face de celui de Shaolin où étaient
rassemblés dans une sorte de musée Grévin
500
personnages qui étaient, je lappris plus
tard, issus dune religion antérieure au taoïsme
(au milieu de temples bouddhites). Comme tout est mélangé
en Chine, on dit vite « ok » et on passe à
la suite.
Puis nous allâmes voir la forêt
de pagodes
(cimetière),
seul intérêt du site puisque rien na
été refait et que cet endroit nintéresse
que moyennement les chinois (si ce ne sont les enfants
qui savent voir ce qui est beau).
Un peu de calme sous
le soleil et dans
les arbres. Le retour en bus fût moins rapide
que nos adieux à nos compagnons dune journée
(
), un dernier déjeuner-diner pris à
Luoyang nous réconcilia avec notre système
gastrique avant de nous embarquer à 19h dans
le train qui nous permit de mettre fin à cette
première (et dernière) journée en tant
que touriste chinois et darriver à 6h le lundi
en gare de Beijing et donc dêtre à 8h
en cours. Quel élève studieux je suis !!!!
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